L’Odyssée de Caylus – Aroma, notre Ééa locale

L’Odyssée de Caylus – Aroma, notre Ééa locale

 

« Un héros est une personne ordinaire qui trouve la force de supporter et de persévérer en dépit d’obstacles écrasants » – Samuel Johnson

 

Née à Montauban, Cathy Aurimont se laisse porter par ses affinités artistiques et envisage d’abord de concrétiser son ambition en choisissant la filière littéraire, option “Arts plastiques”, qui devait la conduire jusqu’aux beaux-arts de Toulouse. Malheureusement, du fait de son échec au Bac, elle ne peut y être admise. Elle choisit alors d’entamer sa vie professionnelle dans le secteur de la vente et du commerce.

En vingt ans, Cathy passe par tous les postes de la grande distribution et gravit les échelons pas-à-pas: réception des marchandises, tenue de la caisse, réassort des rayons jusqu’à la gestion d’un petit Casino à Laguépie, qu’elle tiendra deux ans durant avec son compagnon Jean-Michel. Ce n’est qu’après la naissance de son fils que commenceront ses expérimentations avec l’aromathérapie.

 

Depuis toujours attirée par le naturel, elle se découvre une vocation et envisage de faire usage de ses connaissances à titre professionnel. D’abord, c’est vers la reprise d’un camping qu’elle s’oriente, toujours avec le concours de son compagnon, prévoyant déjà d’y installer un point de vente pour ses produits; mais le refus d’un prêt pour démarrer leur activité les amènera à un revirement décisif: forte des bénéfices de leur précédente entreprise, Cathy décide finalement de se consacrer pleinement à cette activité et élabore son projet qui se concrétisera en septembre 2019 avec l’ouverture de la boutique Aroma, située au 2 de la rue Droite.

 

Installée à St-Peyronis, notre jeune entrepreneuse se renseigne sur les possibilités à sa portée, envisageant dans un premier temps de s’installer à Saint Antonin – auquel elle renoncera du fait des tarifs de location exorbitants pratiqués – et opte finalement pour Caylus, un choix qu’elle ne regrettera pas, développant rapidement une affection particulière pour le village et ses habitants. Les commerces en place lui faisant bel accueil – davantage de commerces signifiant davantage de variétés et donc davantage de clientèle pour chacun d’entre eux – et elle-même étant attachée à l’idée de faire participer avant tout les institutions locales, c’est donc tout naturellement qu’elle s’adresse en premier lieu au Crédit agricole de Caylus.

Cette volonté ne suffira pas à convaincre la banque qui lui proposera le prêt qu’elle demandait en contrepartie de 5000€ de caution. Considérant que le prêt en question s’élevait à 5000€, l’absurdité de leur proposition la contraint à se diriger vers une autre banque qu’elle connaissait déjà bien, le CIC de Villefranche-de-Rouergue. Celle-ci sera plus compréhensive et lui accordera son prêt en une semaine, lui permettant, enfin, de mettre en place la boutique.

 

Conseillère avisée, vendeuse qualifiée, Mme Aroma entretient avec sa clientèle des relations amicales qui lui vaudront l’affection des locaux, et c’est en douceur qu’elle s’implante dans le paysage local, et devient très vite indispensable à certains.

 

Affiliée au code APE 47.73Z (Commerce de détail de produits pharmaceutiques en magasin spécialisé), la boutique aurait légalement pu rester ouverte pendant le premier confinement, mais c’est un jeu de pression qui viendra à bout de la volonté de notre commerçante à poursuivre son activité: à son premier jour d’ouverture en confinement, une patrouille de la gendarmerie exige d’elle qu’elle ferme son commerce. Bien que défendant son statut, qui bénéficiait de l’encadrement du domaine de la pharmacopée, face aux représentants de l’ordre, elle n’aura droit qu’à mépris et rire au nez. Aussi elle consentira malgré la légitimité de sa demande à fermer boutique, et ce non pas pour satisfaire l’égo de ceux qui lui auront forcé la main mais pour s’occuper de son enfant qui, souffrant des conditions de précarité scolaire induites par le confinement, requérait davantage de temps de la part de ses parents.

Au second confinement, Aroma ouvre de nouveau ses portes. Les écoles accueillent de nouveau leurs élèves, et des mesures moins contraignantes sont instaurées. Ainsi, Cathy reprend son activité, bénéficiant de l’aide de son conjoint qui, du fait de son statut d’auto-entrepreneur, peut adapter ses horaires pour le bien-être de leur enfant. Équipe soudée et fonctionnelle, ils parviennent à s’en sortir tant bien que mal, et le commerce survit à cette seconde vague de restrictions en se conformant aux exigences sanitaires étatiques: port du masque, gel hydroalcoolique à disposition, distanciation sociale…

En suivant, le couvre-feu lui impose d’ajuster ses horaires, et à l’aube de ce troisième confinement, Cathy souffre de nouveau des restrictions liées à la scolarité de son fils: cette fois-ci, pas de visioconférences, les centres aérés fermés pendant les vacances; et en dépit de sa profession relevant du domaine de la pharmacopée, elle n’entre pas dans les cases étroites définies par l’État pour bénéficier d’un statut prioritaire pour la garde de son enfant.

 

Outre les mesures générales, Cathy constate qui plus est une absence de considération de la part de la mairie, dont elle n’aura vu aucun représentant pour ne serait-ce que prendre la température concernant sa situation.

 

Qu’en est-il de l’aide reçue par l’État, vous demanderez-vous? Ridicule, c’est le mot! Bien qu’il soit déjà appréciable d’en avoir reçu une, son montant s’élevait à 188€ pour le mois de Mars 2020 et 700€ pour le mois d’Avril. Des sommes qui, bien évidemment, ne correspondent absolument pas à la réalité des besoins d’un commerce de village. Aucune aide ne lui a été fournie pour adapter son magasin aux mesures gouvernementales, à l’exception d’un paquet de masques inadaptés dont elle n’aura jamais fait usage du fait de leur caractère étouffant, privilégiant des masques qu’elle achètera  elle-même.

 

Malgré toutes ces péripéties, Aroma est toujours là, et Cathy toujours prête à conseiller sa clientèle justement: huiles essentielles, produits équitables, huiles végétales et hydrolats (solutions aqueuses distillées à partir de produits végétaux) mais aussi différentes variétés de thés bios, rooibos, tisanes et infusions aux vertus tout aussi variées que la gamme de produits qu’elle propose.

Complétant la variété de remèdes naturels en rayon, on peut également y trouver des savons bios saponifiés à froid conçus par Anaïs Sabao, que vous pouvez aussi retrouver sur les marchés de Villefranche-de-Rouergue le Jeudi matin, et de Limogne-en-Quercy le Dimanche matin. De même, si l’on peut rencontrer Clara de Safran du Paradis vendant des bulbes de Safran issus d’une souche médiévale du Quercy à son stand devant la boutique en été, ses épices, gagnants du concours Safranissime 2018, y sont en vente toute l’année. Du monoï de Tahiti enrichira plus encore la gamme d’Aroma en été.

 

Enfin, vous pourrez découvrir les œuvres de plusieurs artistes exposées à l’intérieur du magasin tout au long de l’année. En ce moment sont à l’honneur celles de Colin Castell, de Sébastien Gastaldi, plus connu sous le sobriquet de “Bouc”, déjà bien implantées dans le paysage local, mais aussi celles d’Alex, artiste peintre, et de Cathy elle-même.

 

Si vous n’étiez pas déjà convaincus de vous glisser entre les murs antiques de l’antédiluvienne et emblématique bâtisse qu’un roi prît pour logis, peut-être aurez-vous l’occasion d’y retirer un colis ou d’en faire expédier un, puisque la boutique propose également un service de point relais par le biais de Mondial Relay, un apport non négligeable pour notre village retiré.

 

Léo Spreux

 

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